24 septembre 2005

Syndrome politicien

Démagogie, vision par le petit bout de la lorgnette, poudre aux yeux destinée à dissimuler les vrais problèmes…

Ces qualificatifs, on pourrait les employer pour évoquer de nombreux discours politiques sur de multiples sujets. Discours qui n'hésitent pas à utiliser, parfois, une mauvaise foi et un radicalisme fanatique proprement atterrants. Et qui ne proviennent pas tous du "côté" politique auquel on penserait le plus facilement.

Preuve en est cette réponse ahurissante faite par Yves Contassot, l'adjoint au maire de Paris chargé de l'environnement, à la question "La Formule 1 doit-elle rouler à l'éthanol ?" posée par l'Equipe Magazine. Pour lui, "il devrait y avoir une suspension de ce genre de compétitions qui ne respectent pas le Protocole de Kyoto" car, "entre les essais, les spectateurs (NDR : que viennent-ils faire là dedans, on ne sait…) et la course, ce doit être l'équivalent d'une ville de plusieurs dizaines de milliers d'habitants".

Une course de F1, c'est 20 monoplaces qui consomment allégrement 80 litres aux cent km, c'est vrai. A raison de 500 kilomètres par Grand Prix (essais compris) et par voiture et de 17 GP par an, on arrive à une consommation totale sur l'année de 136 000 litres d'essence pour l'ensemble du plateau.

Prenons une ville de 20 000 habitants (pour la similitude établie par Mr Contassot), avec 7 000 voitures (1 pour 3 habitants, à la louche) roulant 10 000 kms par an (c'est en dessous de la moyenne nationale) et consommant 8 l/100 kms. On arrive au total de 5 600 000 litres consommés, soit 41 (et quelques) fois plus ! Et encore n'avons-nous pas tenu compte des bouchons et autres embouteillages qui augmentent considérablement consommation d'essence et dégagements polluants.

Nous avons donc là une contre-vérité absolue (sans même se pencher sur les âneries liées au protocole de Kyoto) et parfaitement démagogique qui n'a pour seul mérite que d'illuster une nouvelle fois l'hystérie anti-voitures des prétendus écologistes Verts et principalement de leurs représentants à la mairie de Paris.

De la poudre aux yeux aussi : pendant qu'il débite ces sornettes, Mr Contassot peut ne pas évoquer la considérable augmentation des embouteillages parisiens liés à la création de ces démesurés couloirs de bus et aux travaux du tramway, et passer sous silence la pollution croissante de Paris. Certes, les transports en commun doivent être développés, mais faut-il pour autant que la voiture, seul moyen de transport de nombreux banlieusards vers Paris ou de banlieue à banlieue, soit ainsi traitée ?

Qu'attends-t-on pour mettre en œuvre une véritable politique d'équipement en moyens de transports en commun de banlieue à banlieue ou de banlieue vers Paris ? Pourquoi ne pas mettre en place de grands parkings à très bas prix aux portes de Paris, près des transports en commun ? Cette solution marche très bien dans de nombreuses villes, elle n'est pas utilisée à Paris (ou à des tarifs prohibitifs). Pourquoi ?

Par ailleurs, plutôt que de s'exciter ridiculement sur des activités somme toute parfaitement secondaires comme le sport automobile (en termes de pollution), pourquoi ne pas faire plus pour pousser au développement d'énergies de substitution au pétrole réellement valables ?

La politique ne devrait pas être uniquement un art de dénigrer, d'interdire. Mais aussi une force de proposition, un initiateur de mouvement. Les comportements du type de celui de Mr Contassot ne semblent pas aller dans cette direction…

Posté par Babaluma à 15:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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